Une Femme, Un Modèle #26

Salut tout le monde!

Et non je n’ai pas disparu de la toile même si ces derniers temps je me fais très (voire trop) rare sur les réseaux sociaux. Je pense que parfois, mieux vaut reculer pour mieux sauter… Non? Quoi qu’il en soit, j’espère que vous vous portez tous et toutes très bien, que vous continuez de prendre soin de vous et que vous avez profité de cette fin d’année pour vous reposer, prendre quelque vacances et rester avec vos proches.

En ce qui me concerne, l’année 2016 a été une année pleine de belles surprises, d’ailleurs, je compte revenir plus en détails sur toutes les choses positives qui m’ont marquées dans un prochain billet.

Dans ce billet, j’ai choisi de vous présenter une jeune et talentueuse personne très active sur les réseaux sociaux (oui oui, contrairement à moi en ce moment LOL), qui parlera de son parcours universitaire, de son univers professionnel et des personnes qui l’inspirent au quotidien…

En avant, marche!

Jennifer

Présentation.

Bonjour, je m’appelle Jennifer, je suis journaliste et j’habite à Paris.

Profession.

Je travaille depuis un peu plus d’un an et demi à BuzzFeed France qui est un site d’informations et de divertissement. C’est une entreprise jeune et dynamique qui comprend bien les problématiques et les envies de ma génération, je m’y sens particulièrement bien.

Mes sujets de prédilection sont la culture, le lifestyle sous toutes ses formes, le féminisme et les identités raciales. Chez BuzzFeed, je peux passer d’un article drôle ou ironique à un article beaucoup plus sérieux selon mes envies et celles des lecteurs, mon humeur et l’actualité. C’est un cadre de travail que je n’ai jamais connu dans mes expériences précédentes, où rien n’est vraiment impossible, du moment que ça nous intéresse et qu’il y ait une vraie valeur ajoutée.

C’est une nouvelle manière de faire du journalisme, moderne et progressiste qui me va complètement et qui me permet de développer ma plume et ma créativité.

Pourquoi avoir choisi ce métier ?

J’ai choisi ce métier car l’écriture est l’une de mes passions mais surtout parce que j’adore être au courant de tout, tout le temps, notamment quand ça concerne la culture, les tendances et les phénomènes sociétaux. Cependant, je dirais que je me considère comme une “writer” avant d’être une journaliste, un mot qui n’a pas vraiment de bonne traduction en français.

L’actualité fait obligatoirement partie de ma vie, mais je suis moins passionnée par le hard news, je me suis rendue compte avec le temps que ce n’était pas vraiment mon truc. Ce que j’aime avant tout, c’est raconter des histoires, faire découvrir des talents, aiguiser ma plume, procurer des émotions et écrire des choses auxquelles les gens pourront s’identifier. Et puis j’envisage l’écriture plus largement. Aujourd’hui je travaille pour un média, mais j’ai aussi envie de tâter la poésie, la fiction et d’autres formes d’écriture plus tard, donc rien n’est figé.

Parle-nous d’une journée type.

Ma journée commence toujours par les réseaux sociaux. Selon mes notifications, je peux commencer (dans le désordre) par Facebook, Twitter, Instagram, Snapchat, WhatsApp et même Tumblr. C’est devenu un réflexe personnel et professionnel et ça fait naturellement partie de ma vie, ce qui n’est d’ailleurs pas une très bonne chose (Je compte bien faire une détox un de ces jours!). Ensuite, j’ai deux options, soit je regarde une matinale à la télé (iTélé ou LCI) ou soit j’écoute la radio (Nova et très rarement France Inter). Dans tous les cas, cette première veille me permet d’arriver au boulot avec déjà quelques idées en tête même si on ne peut évidemment pas tout savoir.

Une fois que j’arrive au boulot (à 9h), le café s’impose pour bien commencer la journée et jusqu’à ce que commence la conférence de rédaction, j’en profite pour lire quelques articles qui m’intéresse et lire quelques mails. Et après la conférence de rédaction, la journée peut commencer et je pars sur mes articles de la journée. On va dire que ça c’est une journée type fréquente, mais tout peut changer selon l’actualité ou s’il y a des événements etc.

Et après le boulot, j’ai des millions d’activités: sport, bénévolat, vernissages, concerts, verres etc. Cependant, malgré toutes ces activités, ma préférée reste le binge watching” (NDLR: le fait de regarder une série TV d’une seule traite) et dans mes rêves, Netflix est mon meilleur ami/mon compagnon idéal, mais ça il ne faut pas trop le dire. (NDLR: Alors Chut!)

Quel est ton parcours post-BAC?

J’ai fait une licence de Médiation Cuturelle (parcours médias) avec une troisième année en journalisme lors de mon Erasmus à Madrid. En revenant, j’ai continué mon master en Médiation Culturelle en ne choisissant que des cours en communication et avec une majeure partie des cours liés à l’étude des séries. Puis pendant un an je suis allée à Wolverhampton (à côté de Birmingham) où j’étais assistante de français dans un lycée. En rentrant, j’ai un peu virevolté, je me suis cherchée jusqu’à refaire un Master 2 en Journalisme Digital à Nanterre, un master qui venait de se créer et qui finalement est le plus proche de ce que je peux faire aujourd’hui.

Jennifer

Quelles sont les difficultés rencontrées durant ton parcours?

Je n’ai pas eu de difficultés particulières pendant toute ma scolarité (de la primaire à l’université), j’ai toujours été une élève moyenne avec des facilités qui me permettaient de passer à la classe supérieure sans trop de problèmes.

J’ai aussi eu la chance d’obtenir de très bons stages (et ce sans piston) qui à chaque fois m’ont ouverts des petites portes. On va dire que c’est surtout pendant mon année de transition après les études que j’ai eu du mal à me positionner professionnellement. Les stages étaient un atout et en même temps, pas suffisant pour apparaître comme des expériences “significatives”. Cette fameuse “première expérience” qu’on ne nous donne jamais.

Tout ça a commencé à se débloquer quand j’ai commencé à envisager la profession de journaliste différemment, à ne plus vouloir viser la lune, mais en faisant confiance à des médias qui me plaisaient vraiment mais qui n’étaient pas forcément mainstream” et surtout en me faisant confiance à moi-même.

Quelles sont les avantages de cette profession? Les inconvénients?

On va dire que les avantages de cette profession sont, avant tout, les différentes rencontres avec les gens. Chaque année, je rencontre des gens passionnants qui ont de vraies idées, qui se bougent et qui changent les choses à leur manière. Et ça, c’est un vrai atout qui m’apporte aussi bien professionnellement que personnellement, car certaines rencontres sont devenues de vraies relations amicales.

Et pour la vie de famille?

Je n’ai pas encore d’enfants donc je ne sais pas encore ce que c’est que de concilier vie professionnelle et vie familiale au sens propre du terme. Néanmoins, j’arrive à concilier ma vie personnelle avec mon travail, à faire de nombreuses activités en dehors et à voyager. Il y a des semaines chargées où c’est plus difficile mais c’est essentiel pour moi de pouvoir séparer les deux.

Ta place de femme dans ce milieu ? Comment la vis-tu?

En tant que femme, je n’ai aucun problème au sein de mon travail, car on est en nombre assez conséquent et ma boss est d’ailleurs une femme donc ça aide. Plus globalement, être une femme dans ce milieu est plus complexe car le sexisme y est très important et souvent minimisé. On doit prouver notre valeur deux fois plus que les hommes, travailler plus et dans la majorité des cas, pour gagner moins.

Ces dernières années, on peut constater quelques avancées mais il y a encore un vrai travail à faire pour voir plus de femmes à des postes importants, et qui plus est des femmes noires.

BLACK WOMEN WRITERS AND THE SECRET SPACE OF DIARIES @thenewyorker

Quelle est ta vision du féminisme?

Le féminisme n’est ni un gros mot, ni un fardeau et je pense qu’il est important de le rappeler car on a tendance à diaboliser ce terme, qui finalement concerne tout le monde. Je me considère comme féministe mais je suis encore en plein cheminement, j’en apprends tous les jours sur la question en lisant des livres sur le sujet, en suivant des afro-féministes sur internet, en allant sur des blogs etc.

Il est important pour moi de constater et de comprendre que ce que je vis au quotidien en tant que femme n’est pas le même pour toutes les femmes dans le monde, selon l’âge, le parcours, la religion et le milieu social. Il faut faire attention à ne pas se regarder le nombril sous prétexte qu’on est “woke”, progressiste ou féministe. C’est un apprentissage constant qui prend du temps et qui va bien au-delà d’une simple affirmation.

Quels sont les conseils que tu pourrais donner à une jeune fille qui aimerait faire la même chose que toi?

J’apprends moi-même tous les jours de mes erreurs, donc difficile de donner de bons conseils à autrui… mais je commencerai par lui dire qu’il ne faut jamais baisser les bras. En tant que femme et spécialement en tant que femme noire, rien ne sera facile. Cependant, il ne faut pas hésiter à saisir les opportunités qui s’offrent à elle (même les plus petites) et à se frayer son propre chemin. Et surtout ne jamais laisser quiconque lui dire qu’elle n’est pas capable de réussir.

Quel était ton modèle quand tu étais plus jeune? 

D’un point de vue personnel, je dirai que mon père a été une première source d’inspiration, qui nous a toujours poussé (mon frère, ma soeur et moi) à aller plus loin que ce qu’on attendait de nous. Il a été une première source de mon féminisme où j’ai très tôt envisagé l’égalité homme-femme comme un droit, comme quelque chose de normal.

Sinon, d’un point de vue plus global, c’était plus compliqué d’être inspirée par des gens qui ne me ressemblaient pas dans les médias. Ce n’est qu’à la toute fin de mon adolescence que j’ai commencé à être inspirée par des françaises comme Audrey Pulvar que je voyais présenter le journal, ou Rokhaya Diallo qu’on invitait sur les plateaux et qui me paraissait accessible. C’est sans doute à partir de là que je me suis dit que c’était possible de réussir dans ce métier sans être blonde, filiforme avec des yeux bleus.  Malheureusement, c’est encore très relatif.

Rokhaya Diallo

Aujourd’hui, il y a de nombreuses personnes qui m’inspirent, ça va de Chimamanda Ngozi Adichie à Toni Morrison en passant par Ava Duvernay et toutes ces personnes, des femmes notamment dont les projets me fascinent et qui me motivent à me dépasser quotidiennement.  

Ava Duvernay @Vogue

As-tu souffert de ne pas avoir de modèle à un moment donné de ta vie? 

Je ne pense pas en avoir particulièrement souffert en grandissant, mais étant adulte aujourd’hui et avec du recul je pense que c’est l’une des plus grandes lacunes de notre société. Une société qui n’est pas assez représentative de la population et qui ne donne pas assez la parole à des personnes à l’origine d’initiatives qui changent notre monde. On peut aussi bien parler du gouvernement, comme des médias, de la mode etc. où tout est encore trop mâle et trop blanc.   

Quel est ton produit beauté chouchou?

J’ai des tonnes de produits chouchous. Pour les cheveux, c’est toute la marque Shea Moisture qui est un peu chère mais qui est tellement géniale pour les cheveux afro, j’adore!

Sinon, je suis une grande adepte d’Aroma-Zone depuis quelques années, j’achète des tonnes d’huiles végétales et d’huiles essentielles pour ma peau et les cheveux. Et tous les soirs, je me démaquille avant d’appliquer mon mélange d’huiles. Ca prend du temps, mais mon objectif est d’avoir une bonne routine qui me permette d’avoir une peau magnifique sans imperfections dans les prochaines années.

Jennifer

Quels sont tes futurs projets? 

J’ai plein de projets qui vont arriver au premier trimestre 2017, notamment le lancement d’une Newsletter culturelle que je fais avec une amie journaliste. Je suis dans une période excitante où les idées fusent dans ma tête et c’est vraiment cool!

Voilà! C’était le dernier article de la rubrique “Phenomenal Woman” de l’année 2016, j’espère qu’il vous a plu et qu’il suscitera des vocations chez certain.e.s. d’entre vous … N’hésitez pas à réagir en postant vos commentaires ici ou sur les réseaux sociaux!

A très bientôt.

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