Une Femme, Un Modèle #12

Quand j’étais petite, mon père me répétait souvent: “Ma fille, on vit dans un pays majoritairement blanc, tu es une fille noire, cela représente donc deux handicaps sociaux qui doivent te rendre plus forte et meilleure que les autres…”

Voilà, ce qui me hantait quotidiennement durant toute ma scolarité… et je dois dire que même encore aujourd’hui, le fait d’être une jeune femme Noire avocate dans un milieu plutôt bourgeois et parisien est loin d’être facile tous les jours, mais comme disent mes ami-e-s camerounais-es: “Gars! On se bat non! On va faire comment ?”

Oui la vie d’une femme noire en France est politique. C’est un véritable combat de tous les jours où le découragement n’a pas sa place. Avec Internet, les réseaux sociaux, les blogs, les gens laissent des traces et témoignent d’une certaine manière.

Aujourd’hui, la jeune femme que je vais vous présenter est une soeur de coeur, militante afro-féministe et anti-raciste qui se bat au quotidien pour une véritable coordination de femmes Noires.

Rencontre.

1. Présentation

Amandine GAY 

Age: 30 ans

Profession actuelle: Réalisatrice

Lieu de résidence: Paris.

2. Profession

Je travaille depuis 7 ans dans le monde de l’audiovisuel et du spectacle vivant. J’ai d’abord été comédienne, puis je suis devenue scénariste et je viens de terminer le tournage de mon premier film documentaire (je suis en cours de montage). Ce sont des milieux très concurrentiels et où les clichés sont omniprésents, d’autant que ces activités agissent sur l’imaginaire et l’inconscient du public. Je suis d’ailleurs passée de performeuse à auteure pour ces raisons. Je n’en pouvais plus de n’être qu’un instrument qui n’a pas de prises sur les scénarios où les pièces dans lesquelles elle intervient. Je me retrouvais souvent à jouer des stéréotypes que je combats par ailleurs dans ma vie quotidienne et ma vie de militante.

Travailler comme actrice seulement me rendait de plus en plus insatisfaite, j’avais l’impression de mener une vie « schizophrène » où je devais constamment étouffer mes valeurs et opinions si je voulais manger, à savoir gagner de l’argent et vivre de ma passion.

3. Pourquoi avoir choisi ce métier ?

Je suis alors passée à l’écriture, car je n’avais pas encore accepté le fait que le système ne change pas de l’intérieur.

Mon idée était la suivante : si tous les personnages de femmes noires -au cinéma et à la télévision- s’appellent Fatou ou Aminata et connaissent un destin tragique, c’est parce qu’il n’y a pas assez de scénaristes aux prises avec la réalité de nos vies d’Afro-descendantes de France. Ce fut une erreur car l’institution audiovisuelle, en particulier les producteurs et les diffuseurs, reste encore majoritairement blanche, masculine et bourgeoise.

C’est en travaillant sur un programme court que j’avais créé avec Angélica Sarre, une autre comédienne que nous fîmes l’expérience des limites de notre démarche. Médias Tartes était une série humoristique, plus précisément une satire des magazines féminins mettant en scène 5 femmes qui se confrontaient aux injonctions des dits magazines. J’avais choisi de « glisser » un personnage de lesbienne noire et sommelière, parmi ce groupe de copines. Étant pansexuelle et ayant managé un bar à vin en Australie, je n’avais certes pas été chercher très loin, mais ce n’est pas ce qui nous fut reproché. Le producteur avec lequel nous travaillions à l’époque nous expliqua que ce type de personnage n’était pas réaliste en France et que nous avions trop regardé de séries américaines !

Je réalisais alors qu’il ne suffisait pas d’écrire son histoire, encore fallait-il avoir les moyens de la porter telle quelle jusqu’à sa réalisation. Le problème majeur était désormais l’argent car réaliser un pilote ou un court métrage requiert des fonds. Et il est encore une autre série d’obstacles, institutionnels cette fois, car l’accès aux subventions est aussi problématique, lorsque l’on ne souhaite pas aborder la question de l’Afro-descendance d’un point de vue misérabiliste ou exotique.

J’ai brièvement hésité entre faire un One woman show ou un programme court humoristique du type “Vis ma vie de Noire”. Mais j’ai fini par m’éloigner de ces deux idées car je réalisais que l’humour avait vocation à rendre mon discours acceptable, à ne pas mettre les Blanc.he.s mal à l’aise. Pourtant, l’invisibilisation dans les médias ou la représentation stéréotypée des femmes noires est une forme de violence à laquelle personne ne songe à nous soustraire. J’abandonnais donc l’humour qui me semblait désormais une façon de ne pas assumer ma véritable intention : exprimer ma lassitude, ma colère et néanmoins mon triomphe face à une société raciste, sexiste et homophobe.

Je pense que les luttes d’émancipation qui fonctionnent sont celles portées par les personnes dominées et j’en avais plus qu’assez de voir des réalisatrices et des réalisateurs blanc.he.s qui parlaient à notre place ou nous donnaient la parole sur des sujets qui ne nous concernaient finalement pas.

A ce stade de ma réflexion, je finissais par opter pour un film documentaire car j’avais les moyens de le réaliser en auto-financement (au moins jusqu’au montage brut) et aussi car j’ai fini par accepter qu’avant d’influer sur la fiction, il nous fallait d’abord exister dans la réalité. Un documentaire me permettait de montrer que les femmes noires vivant en France pouvaient effectivement être lesbiennes et/ou sommelières et/ou claustrophobes. De montrer que la réalité était plus forte, plus complexe et plus surprenante que la fiction et qu’il était possible d’entendre un discours politique émanant de femmes noires, de ma génération, de toutes origines, confessions, orientations sexuelles, professions, etc.

Là, je pourrai enfin m’exprimer et partager la parole avec toutes celles qui comme moi se voient confisquées leur existence et leur parole quotidiennement. 

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4. Parle-nous d’une journée type

En ce moment, je suis en phase de bonnes résolutions et aussi j’ai tellement de boulot que je n’ai pas vraiment le choix. Déjà j’ai quasiment cessé d’avoir une vie sociale, j’ai aussi drastiquement réduit la consommation d’alcool afin de me lever à 7h du mat’.

Je me fais un smoothie, et un jour sur deux j’enchaîne sur le jogging, ensuite je rentre et j’alterne entre montage du film, écriture d’articles et préparation de colloques/conférences où j’interviens. Je fais aussi du community management autour du film, je réponds à des interviews et quand j’ai fini ou que je n’en peux plus, je m’accorde des pauses séries/films parce que ça reste la passion de ma vie.

Je me force à me coucher vers 23h pour tenir le choc et ainsi de suite. J’ai donc vraiment hâte d’être au bout du montage car le rythme est plus que soutenu depuis 6 mois étant donné que je suis en mode « femme-orchestre ».

5. Quel est ton parcours universitaire ?

J’ai commencé par Sciences-Po Lyon, j’avoue que j’ai un peu été passé le concours les mains dans les poches. Je voulais devenir journaliste ; ma mère est institutrice et elle avait cette année-là une maman d’élève journaliste. J’ai rencontré cette femme qui m’a dit que vu mes notes, je ferai bien de tenter Sciences-Po. J’ai vaguement préparé le concours lors de mes premières vacances en totale liberté avec des ami.e.s -en récompense de l’obtention de mon bac (autant dire que ça n’a pas été les grosses révisions 😉 Et puis je l’ai eu.

Je suis rentrée à l’IEP alors que je n’avais pas encore 18 ans, j’étais la seule noire sur les 200 élèves de ma promo et ce fut très, très, rude la première année. J’avais fait toute ma scolarité dans des petites villes de banlieue lyonnaise ; mon lycée était classé ZEP (Zone d’Education Prioritaire), dans une ZUP (Zone à Urbaniser en Priorité), bref je n’avais jamais fréquenté la bourgeoisie, voire grande bourgeoisie blanche et le choc fut total !

Je ne me sentais pas à ma place et si ce n’avait pas été pour ma mère (fille d’ouvrier, première de sa famille à aller au lycée et ensuite devenir institutrice qui avait déjà connu le fait de se retrouver dans la grande ville, hors de son milieu d’origine) j’aurai abandonné. Mais ma mère ne m’a pas lâché, elle m’a rappelée qu’elle avait déjà vécu la même chose et que l’important c’était l’objectif final, pas les années d’études. Elle avait raison, je suis passée de justesse la première année, j’ai terminé en ayant 16/20 à mon mémoire de fin d’études et les félicitations du jury. (BRAVO!!!)

Et c’est vrai qu’à partir de là, la première année semble loin et insignifiante..

Ci-dessous, je vous invite à voir (ou revoir) la vidéo réalisée par Mrs Roots intitulée: #2 Rencontre avec Amandine Gay: Science po “l’élite de la nation”.

Ensuite, le jeu est arrivé comme un accident de parcours volontaire. Lors de mon séjour académique à l’étranger, j’ai suivi un cursus d’études cinématographiques en Australie et j’ai commencé à dériver vers la fiction.

J’avais par ailleurs des envies de scène depuis longtemps qui s’étaient développées à force de travailler dans le monde du spectacle pendant mes années d’études (chauffeur à l’Auditorium de Lyon ; Agent de Sécurité au Paléo Festival en Suisse ; Manager du bar à vin du Malthouse Theater de Melbourne, etc).

Une fois diplômée de Sciences-Po, je me suis donnée quelques années pour tenter une carrière artistique, qui me semblait d’autant plus cohérente que la plupart de mes réalisatrices et réalisateurs préférés sont passés par le théâtre et le jeu en général, à un moment de leur carrière. Etape qui me semble indispensable pour bien diriger les comédiens.

6. Quelles sont les difficultés rencontrées durant ton parcours ? 

Etre femme, Afro-descendante, Noire et pansexuelle, c’était déjà pas mal, quand on ajoute à ça le fait que je suis née sous X et que j’ai grandis à la campagne dans une famille blanche, on comprend pourquoi la base de ma vie c’est la déconstruction. Déconstruction de l’hétéronormativité, du racisme, etc.

Ce qui m’intéresse depuis toujours, c’est comprendre ma situation et voir comment elle s’inscrit dans le monde dans lequel je vis. La capacité d’articuler politiquement mon expérience est ce qui m’a sauvé la vie, ma résilience est passée par l’écriture, le jeu, le militantisme, tous les outils me permettant de traduire ma singularité en une composante d’un tout politiquement cohérent. J’ai ressenti le besoin très jeune de donner un sens à ma vie, je ne sais pas d’où je viens biologiquement, mais j’ai choisi mes origines spirituelles et politiques, j’ai choisi de me réapproprier ma négritude et de conquérir mon émancipation car j’étais vraiment malheureuse et perdue en grandissant. Le savoir combiné à l’art et au militantisme (et à l’amour inconditionnel de mes parents) m’ont sauvé.

7. « OuvrirLaVoix » est, en quelque sorte, ton bébé, ton film que l’on pourra découvrir d’ici l’automne 2015. Peux-tu nous présenter rapidement ce projet ?

Ouvrir La Voix est donc un film sur les femmes noires issues de l’histoire coloniale européenne en Afrique et aux Antilles.

La thématique de la confiscation de la parole et de l’effacement des femmes noires de l’Histoire et des histoires était au centre des préoccupations des personnes que j’ai rencontrées dans les entretiens préliminaires et cette question est aussi au centre de mon travail.

En effet, ce projet de film est né de ma volonté d’occuper l’espace public et d’expliquer pourquoi l’occultation de la question raciale en France est un problème éminemment politique. Ne serait-ce que parce qu’elle pousse un certain nombre de personnes racisées à quitter la France et/ou l’Europe mais surtout parce qu’elle est a l’origine de nombreux traumas individuels et collectifs au sein de notre société. Je souhaitais donc prendre une parole qui nous est trop souvent confisquée, parce que femmes, qui plus est noires.

De plus, je souhaitais aussi illustrer le paradoxe homogène/hétérogène de notre communauté. En effet, un des challenge du film est de montrer que si nous sommes unies par une expérience de la domination raciale et patriarcale ; la catégorie « Noire » n’en est pas moins protéiforme : née en France, primo-arrivante ou étudiante naturalisée ? Bourgeoisie, classe moyenne ou classe populaire ? Origines Antillaises ; Africaines ; Afro-Antillaises ; Afro-Maghrébines ou Née sous X ?

Pour préparer ce film, j’ai commencé par partir de mon expérience : j’ai construis une première version d’un plan basé sur mon ressenti d’Afro-descendante née et ayant grandi en France. En effet, ce documentaire suit le mouvement de ma pensée et mon évolution, il commence avec le jour où je me suis découverte Noire et se termine avec mon départ pour le Canada. J’ai ensuite présenté ce plan à des amies noires pour savoir si en fonction de leurs parcours, les thématiques que je proposais résonnaient aussi. J’ai fais quelques ajustements et j’ai alors commencé les pré-entretiens tout en cherchant conseil auprès de mes aînées : Nathalie Etoke, Gerty Dambury et Silyane Larcher qui de par leurs parcours de chercheures et/ou de militantes et/ou d’artistes m’ont permis de préciser mes questions. J’ai pu ainsi étoffer mes parties, tout en continuant mes recherches, par exemple en assistant à des colloques universitaires, mais le cadre initial a finalement peu bougé.

Mon intuition de départ sur l’homogénéité des expériences, en partant de la mienne, était effectivement la bonne, ce qui signifie que l’intime occupe une grande place dans le film. En tant qu’Afroféministe, je considère que le privé est politique : « Personal is Political ». Lorsque toutes les femmes interviewées se reconnaissent quand j’aborde la question de nos cheveux que les Blanc.he.s touchent sans nous demander la permission ; j’aborde une question politique, qui n’est triviale que pour celles et ceux qui ne réalisent pas que le toucher relève de la sphère intime et qui ignorent que les Noir.e.s de France sont les descendant.e.s de celles et ceux qui étaient exposé.e.s dans les zoos humains. Cette intrusion dans notre chevelure appartient au continuum colonial et c’est là le point central de ma réflexion et de mon film.

Tous les sujets abordés, portent cette thématique en filigrane. Par exemple, le colorisme (les peaux noires claires valorisées par rapport aux peaux noires foncées) est un héritage de la hiérarchie en fonction des degrés de noirceurs qui était en vigueur dans les plantations. Ou encore, la négrophilie sexuelle et cette phrase traumatisante quand on l’entend avant même les premiers rapports sexuels : « J’ai jamais essayé avec une Noire » est un héritage mêlé de la plantation et de la colonisation. En effet, comme l’explique Jennifer Yee dans Clichés de la femme exotique, l’indigène était présentée comme une métaphore de la terre chaude et lointaine à conquérir.

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8. Selon toi, quelles sont les avantages et les inconvénients de cette profession ? 

  • Avantages : Liberté totale dans la gestion de mon temps et des sujets que je souhaite aborder. Je vis exactement comme je le souhaite, c’est le plus grand luxe qui puisse exister ;
  • Inconvénients : Je ne gagne pas ma vie. Mon film est auto-financé, les piges, peu importe la longueur de l’article ou le temps qu’il a pris sont en moyenne de 100 euros dans le journalisme en ligne (ce que je fais) donc je considère cet argent comme un défraiement. Par exemple, j’ai récemment réalisé 6 interviews pour un dossier que je prépare, à chaque fois, j’invite les interviewé.e.s (c’est la moindre des politesses) donc entre les cafés et le temps passé, rien que dans les entretiens, l’argent que je recevrai pour cet article couvrira à peine mes dépenses et mon temps (sans compter les recherches et la rédaction de l’article). Bref, si je n’étais pas en couple, je continuerai à travailler en restauration et je n’aurai ni le temps, ni l’énergie d’être sur tous les fronts et il me faudrait des années pour réaliser ce que je viens de faire en 6 mois.

9. Et pour la vie de famille ? 

J’ai beaucoup de chance, je suis en couple depuis 3 ans et c’est aussi cette relation, la stabilité affective et le soutien que des conjoints peuvent s’apporter qui m’a permis de me lancer dans des projets de plus grande envergure.

Je sais pertinemment que je ne m’investirai pas autant, surtout dans l’espace public, si je ne bénéficiai pas d’un socle solide en privé. Le volume de harcèlement sur les réseaux sociaux ou dans les commentaires de mes articles est par exemple très éprouvant quand on est seule. Alors qu’aujourd’hui, je me contente de ne pas lire et de ne pas répondre car de toute façon, entre m’énerver sur le net et passer du temps avec la personne que j’aime, le choix est vite fait !

Ensuite, comme toutes les provinciales montées à la Capitale, j’ai du mal à voir mes parents, mon frère et mes grands-parents. C’est aussi le problème de l’engagement militant, ça devient un job à plein temps et il est essentiel de pouvoir assumer le fait de ne pas être particulièrement disponible pour son entourage. Après, j’ai de la chance, j’ai toujours été l’excentrique de la famille et j’ai toujours été très indépendante. Peut-être même égoïste, car les artistes, les auteures, les militantes, sont autant tournés vers le monde que vers leur nombril, je pense que mon entourage est très tolérant et m’aime comme malgré mes défauts.

10. Ta place de femme dans ce milieu, comment tu la vis au quotidien ? 

Je travaille vraiment en autonomie. Et le monde de l’audiovisuel, du spectacle ou du journalisme sont bien les derniers endroits où s’exerce une solidarité. Ce n’est même pas une question de genre, on est à Paris, que vous soyez une femme ou un homme, ce sont des milieux hyper concurrentiels. C’est pourquoi je travaille seule et propose mes articles/scénarios/créations quand ils sont terminés. J’ai abandonné depuis longtemps l’idée de rapports sains et sincères dans ces industries. Elles sont à l’image du capitalisme, vous êtes « bankable », alors vous présentez un intérêt, si ce n’est pas le cas, on passe à quelqu’un d’autre sans autre forme de procès.

11. Quels sont les conseils que tu pourrais donner à une jeune fille qui aimerait faire la même chose que toi ?

Je n’ai pas vraiment de conseils à donner, si ce n’est se renseigner sur les réalités de la carrière qu’on poursuit. Le monde du spectacle, du cinéma, de la télé sont très attrayants de l’extérieur mais la grande majorité des personnes qui y prennent part sont des galériens et/ou borderline et/ou extrêmement privilégié.e.s, il n’y a pas vraiment d’entre-deux. Néanmoins, si je pouvais retourner en arrière, je ferai tout pareil, mais quand même j’aurai aimé être moins ignorante, j’aurai perdu moins de temps et moins souffert aussi.

Ah si, elle peut regarder Fame, le film des années 80, le speech d’accueil des élèves qui arrivent dans l’école est très réaliste et même le parcours de tous ces aspirant.e.s star est édifiant. Même si c’est assez déprimant.

12. Plus jeune, quel était ton modèle ? Et pourquoi ?

Ma mère, pour sa force, sa capacité à évoluer (politiquement, sur les questions de société, etc) et son désintérêt pour le maquillage ou les vêtements.

Toutes les stars noires américaines des années 90 : Whitney, Queen Latifah, Magic Johnson (je faisais beaucoup de basket et je souhaitais même devenir pro, jouer en WNBA..).

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13. Quel est ton produit beauté chouchou ?  

Je ne suis pas très produit de beauté, mais j’utilise la gamme Dr.Haushka pour la peau parce que c’est bio.

Et je ne me maquille que pour la scène, les films ou la télé, sinon, au quotidien, rien du tout !

14. Quels sont tes futurs projets ? et surtout, à quand la prochaine conférence – débat ?

Mon agenda des semaines à venir :

En ce moment : Journées Intersectionnalité TMTC – Paris -Bruxelles
Deux journées, réservées aux personnes racisées, composées de discussions, ateliers, etc restez branché.e.s, proposez vos contributions, votre aide si vous voulez et pouvez et on vous tient au courant pour la suite!

Enfin, du 24 au 28 août, à Montréal, lors du 7ème Congrès International des Recherches Féministes dans la Francophonie pour une table ronde organisée par Fatima Khemilat et intitulée: « L’expérience des racisées en milieu universitaire : entre résistance, agency et lutte pour la légitimité ». Notre discutante ne sera autre que la grande Nacira Guénif et il y aura aussi Inés Allag, Fatiha Ajbli et Hanane Karimi. 

A moyen terme, je pars au Canada reprendre mes études car j’ai envie de devenir Docteur en sociologie, histoire d’avoir une stature d’intellectuelle officielle et aussi d’avoir la paix au quotidien.

Et à long terme, je veux réaliser des longs métrages (j’ai déjà des débuts de scénarios, maintenant, il va me falloir de l’argent!).

Merci encore à Amandine et on lui souhaite de tout coeur pleins de beaux projets pour la suite !

Hâte de pouvoir découvrir entièrement le film documentaire OuvrirLaVoix qui a déjà suscité un réel engouement depuis le 23 février dernier lors de la conférence-débat portant le même nom. Amandine a su fédérer et rassembler autour de ce magnifique projet un large public en mettant en lumière des afrodescendantes francophones qui ont rarement la parole dans l’espace public.

C’est un grand plaisir et une véritable fierté de pouvoir observer de nombreuses initiatives et de partages sur les réseaux sociaux émanant de jeune femmes noires vivant en Europe, à l’instar de Cecile EMEKE, ou encore du Collectif Mwasi.

Ce véritable engouement autour des problématiques de race, de classe sociale et de genre au cœur desquelles se situent les femmes noires doit persévérer et contribuer à faire évoluer les mentalités. N’ayons plus peur de prendre la parole pour parler de nos vies, car personne ne le fera à notre place !

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