Phenomenal Woman

Une Femme, Un Modèle #14

Comme le disait Coco Chanel: « Si une femme est mal habillée, on remarque sa robe, mais si elle est impeccablement vêtue, c’est ELLE que l’on remarque! »

La femme que je tiens à vous présenter aujourd’hui fait partie de ces personnes pour qui chaque vêtement a une histoire. Elle sait apprécier les belles matières qui rendent chaque femme sublime et ce, quelque soit leur style, et leur âge…

Le « vintage » constitue pour elle une manière d’être et d’exister. Porter une robe verte des années 50 n’a rien de rétrograde. Bien au contraire. C’est une façon de se dire que le temps ne passe pas. « N’est-ce pas une belle philosophie ? Oui, c’est dans l’amour du « vintage » que réside le raffinement intemporel », ajoute-t-elle. Une affaire de goût qu’elle cultive depuis sa tendre enfance.

Place à la « Colombe du Vintage ».

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Présentation.

PRISCA,  40 ans, Chef d’entreprise à Paris.

Profession.

Gérante d’une boutique vintage. Avant tout, mon travail c’est ma passion, j’aime aller chiner les belles pièces, trouver les robes avec des matières nobles, comme la soie sauvage, le satin duchesse, le jersey de soie, la panne de velours etc.

Pourquoi avoir choisi ce métier ?  

Je suis quelqu’un qui aime être en contact avec les gens, grâce à ce métier, j’ai l’impression d’avoir traversé toutes les époques de la mode.

Pourquoi avoir lancé cette initiative ? Qu’est ce qui t’a donné envie d’en être là où tu es aujourd’hui avec la Colombe de Paris ?

J’ai un parcours que je qualifierai d’atypique. Je suis arrivée en France à l’âge de 25 ans, ça n’a vraiment pas été facile pour moi, il a fallu que je me batte pour m’en sortir. Par concours de circonstances, je n’ai pas pu reprendre mes études de journalisme une fois arrivée ici, à cause des difficultés que j’ai connues.

Malheureusement, par faute d’argent, je n’ai pas pu poursuivre mes études, donc je me suis mise à travailler un peu partout, en tant que femme de chambre, n’ayons pas peur des mots, j’ai même dû faire la « boniche » au sein de familles bourgeoises, j’ai été vendeuse chez San Marina, puis chez Caroll dans le prêt-à-porter, dans la restauration, mais j’avais toujours cette envie dans ma tête d’avoir ma propre boutique de vêtements.

J’ai été élevée par ma tante (la sœur de ma mère), qui est toujours en vie aujourd’hui, et c’est vraiment grâce à elle que j’ai commencé à apprécier les beaux tissus, les belles matières et l’élégance. Je lui dis un grand MERCI pour cela d’ailleurs.

Elle est l’épouse d’un homme d’affaires important, et du coup, à la maison, il fallait toujours être bien apprêté, être toujours « nickel », car on avait souvent de grandes réceptions à la maison. Elle m’a appris à aimer le chic !

Le dernier emploi que j’ai occupé a été celui de serveuse au sein d’un restaurant qui a été vendu. C’est après cette expérience professionnelle que je me suis dit, « Bon ! C’est maintenant ou jamais ! » Je dois maintenant créer ma propre boutique, car au sein du restaurant dans lequel je travaillais, je le gérais comme si c’était le mien. Au bout de six mois, les patrons m’ont donné la clé du restaurant, c’est moi qui faisais à manger, qui recevais les clients ou encore qui gérais la caisse… donc j’agissais à quotidien comme si c’était mon propre restaurant ! Et là, je me suis dit « Tiens, mais si j’arrive à gérer un restaurant de la sorte, c’est que je peux gérer ma propre boutique ! ».

Après cela, je me suis lancée, mais je ne l’ai pas obtenu en claquant des doigts…

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Parle-nous d’une journée type.

Ma journée de travail commence à 10h30 et se termine à 19h30, voire 20h30, je suis une acharnée du travail, je reçois tous types de clientèles dans ma boutique.

J’accueille, je conseille, je vends des robes, des accessoires et d’autres articles de mode.

Quel est ton parcours universitaire ?

J’ai un Bac littéraire et un diplôme en hôtellerie, mais plus tard j’aimerai reprendre les études (cette fois-ci, ça sera des études d’histoire Afro-Américaine). Plus jeune, j’étais une étourdie, mais j’aimais beaucoup l’école, j’étais une élève modèle.

Quelles sont les difficultés rencontrées durant ton parcours ?

Mon parcours est atypique, car en arrivant en France, j’ai été confrontée à plusieurs problèmes à savoir: l’obtention de mon titre de séjour, sans domicile fixe, des petits boulots et j’en passe…

Quelles sont les avantages de cette profession ? Les inconvénients ?

Mon métier est passionnant car je rencontre beaucoup de personnes, de différents milieux, c’est très enrichissant. L’inconvénient de mon métier, c’est quand je n’arrive pas trouver toutes les tailles (avec le vintage, il n’y a que des petites tailles).

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Quelles ont été les difficultés auxquelles tu as dû faire face pour lancer ton propre business ?

Pour commencer, j’ai fait des démarches auprès de différentes banques pour demander des prêts. A chaque fois que je présentais mon projet, on me répondait « NON » car le projet n’était pas fiable. Je remarquais que quand je présentais mon projet, on me posait un tas de questions, à savoir si j’étais mariée, si j’étais française, ou d’autres questions posées de façon contournée…car je n’ai pas la nationalité française, donc je sentais une réticence à l’idée de me prêter de l’argent.

Si j’avais eu la chance d’avoir quelqu’un qui pouvait se porter garant pour moi, cela m’aurait facilité la vie…malgré ma détermination, car je savais vraiment ce que je voulais faire, on me répondait « On voit bien que vous êtes une personne combattante et déterminée dans votre discours. Vos propos tiennent bien la route, mais qu’est ce qui nous garantit que ce projet va tenir ? Avez-vous bien étudié ce marché au préalable ? » Bien évidemment que j’avais étudié ce marché avant de me lancer, je n’allais pas ma lancer à l’aveuglette !

Au final, le prêt ne m’a jamais été accordé. C’est grâce à une association nommée l’ADIE fondée par Maria Nowak, que j’ai pu financer mon projet : C’est une association qui s’occupe des jeunes femmes qui se lancent dans le monde de l’entreprenariat, et surtout, qui aide des personnes exclues du marché du travail et du système bancaire à créer leur entreprise et donc leur propre emploi grâce au microcrédit.

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L’ADIE a été créée par Maria Nowak, une femme d’or