Ces femmes afrofrançaises qui m’ont inspirées en 2015!

“Aux âmes bien nées, la valeur n’attend point le nombre des années.”

Pierre Corneille, Le Cid

Pour commencer l’année 2016 en beauté, je voulais procéder à une liste (non exhaustive) de femmes Noires francophones plus ou moins connues, à suivre et à connaître, car tout au long de l’année 2015, leurs accomplissements et leurs succès respectifs m’ont inspirées. En effet, elles incarnent cette nouvelle génération de femmes qui ont décidé d’agir dans leur domaine pour faire évoluer les mentalités et surtout pour faire en sorte que leur parole soit entendue afin d’avoir un réel impact sur leur génération et les générations à venir!

J’espère de tout coeur que cette nouvelle année sera pour elles l’occasion de continuer sur cette belle lancée…

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Aminata Niakate, Avocate, écolo et féministe.

Spécialisée en fiscalité des entreprises et droit des sociétés, elle est la nouvelle Présidente de l’Union des Jeunes Avocats de Paris, à tout juste 34 ans. L’U.J.A. de Paris a pour vocation d’aider les jeunes avocats à s’intégrer dans la profession et, plus généralement, de faire tout ce qui est nécessaire pour promouvoir leur avenir. Française d’origine malienne, Aminata a grandi en région parisienne. Brillante tout en restant humble, à travers l’U.J.A., Aminata se bat notamment pour que les jeunes avocats pères prennent leur congé paternité. Cela a été introduit dans le règlement intérieur du barreau de Paris à l’initiative de l’UJA et porté par ses élus au conseil de l’ordre.

Twitter: @aminataniakate

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Amandine Gay, Comédienne, réalisatrice et militante.

Comédienne, réalisatrice, afroféministe, militante des causes LGBT et anti-raciste: à seulement 31 ans, Amandine connaît bien le monde du cinéma et les obstacles qu’on peut rencontrer quand on est une femme noire. A travers la réalisation de son documentaire “Ouvrir La Voix” qui met en lumière différents parcours de femmes noires francophones, elle a voulu montrer que la seule chose que toutes les femmes noires en France ont en commun, peu importe leurs origines sociales, c’est une expérience commune face à la discrimination. Résidant aujourd’hui à Montréal, Amandine continue son combat et sa lutte afroféministe. Elle a d’ailleurs fait la préface de l’ouvrage de Bell Hook intitulé: “Ain’t I A Woman?” (Ne suis-je pas une femme? Femmes noires et féminisme): Elle revient sur son parcours et son passage au sein du collectif Osez le féminisme” dont “la majorité des membres sont blanches” et dont le discours est “éminemment paternaliste”. Amandine dénonce ce “problème de cécité” dont souffre la France, ce “refus de voir les Blanc.he.s et les Noir.e.s hors d’une rhétorique universaliste qui invisibilise les couleurs et les hiérarchies qui y sont associées”.

Twitter: @OrpheoNegra

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M.W.A.S.I. Collectif afroféministe.

Créé en 2014, M.W.A.S.I. (de Muasi, qui signifie femme en lingala) est un collectif afroféministe regroupant un groupe de femmes africaines et afrodescendantes noires qui ressentaient le besoin de fédérer, d’échanger et de s’exprimer sur toutes les questions liées aux femmes noires. L’objectif principal étant de valoriser les femmes noires dans toutes leur diversité. Le 31 octobre dernier à Paris, à l’occasion de la Marche de la Dignité contre les violences policières et toutes les dicsriminations auxquelles les minorités sont confrontées, le collectif était présent car “au nom de toutes les minorités racialisées”, car il n’est plus possible de se taire et “l’heure de nous-mêmes a sonné” dixit Fania Noël du Collectif Assiégées.

Twitter: @MwasiCollectif

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Fatou Diome, écrivaine.

“Arrêtez l’hypocrisie, on sera riche ensemble ou on va se noyer tous ensemble.”  Cette phrase de Fatou Diome a fait le buzz sur la Toile. Des millions de personnes ont regardé les extraits de l’émission “Ce soir ou jamais” (France 2), consacrée aux migrants, où la romancière franco-sénégalaise a cloué ses interlocuteurs. “On voit les pauvres qui se déplacent, on ne voit pas les riches qui pillent nos pays”, leur a asséné Fatou. C’était le 24 avril 2015, dans la semaine où 1.700 migrants étaient morts noyés en Méditerranée. L’écrivaine au franc-parler, déjà connue pour ses romans et pour sa liberté de ton, participait à l’émission titrée “Après le drame de Lampedusa, peut-on accueillir toute la misère du monde ?”. Elle y dénonçait une Union européenne schizophrène et une Union africaine silencieuse. Depuis, elle poursuit son plaidoyer pour le droit à tous de circuler librement et pour la fin des rapports de domination dans le monde. En attendant un nouveau roman annoncé pour cette année. 
Fatou Diome est l’auteure de huit ouvrages, dont un recueil de nouvelles La Préférence nationale (Présence Africaine, 2001) ainsi que de cinq romans : Le Ventre de l’Atlantique (Anne Carrière, 2003), et, aux éditions Flammarion, Kétala (2006), Inassouvies nos vies (2008) Celles qui attendent (2010) et Impossible de grandir (2013). 
Twitter: @FatouDiome
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Rokhaya Diallo, journaliste, écrivaine et militante.

Chroniqueuse, essayiste et avant tout militante, Rokhaya occupe aujourd’hui l’espace médiatique pour mener son combat contre le racisme d’une manière qu’elle veut ludique. Cependant, elle a un parcours semé d’embûches: En 2000, pour financer ses études, Rokhaya accepte un poste au Conseil local de la jeunesse à La Courneuve, avec pour mission l’aide à l’insertion professionnelle des jeunes les moins favorisés. Après Bac+5 en poche et un passage au sein d’un grand groupe, elle prend conscience de sa couleur dans un milieu professionnel où elle doit sans cesse justifier de son identité. En 2007, confrontée à une recrudescence du discours raciste, elle fonde, avec quelques amis, les Indivisibles: Association anti-raciste présidé aujourd’hui par Amadou Ka. Les actions: billets d’humeur sur internet, clips vidéos, intervention dans des écoles, livres et sans oublier les Y’a Bon Awards, qui, depuis 2009, “priment” les pires propos racistes des personnes publiques; l’association traque et déconstruit le racisme avec humour.

“Started From The Bottom, Now We’re Here” (NDLR: Chanson de l’artiste Drake, traduction: Partis de rien, maintenant nous sommes ici) Aujourd’hui, dans Afro!, Rokhaya a interrogé plus d’une centaine de Parisiens et Parisiennes d’origines diverses sur leurs cheveux naturels. Un choix qui s’inscrit dans la lignée du mouvement Nappy qui prône la beauté des cheveux crépus et la fierté du naturel comme constitutif de l’acceptation de soi. Et depuis le 12 novembre dernier, après la polémique mettant en avant des animateurs TV non noirs, la chaîne BET France a annoncé l’arrivée de Rokhaya qui occupera une case horaire consacrée à la diffusion de documentaires.

Twitter: @RokhayaDiallo

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Ces différents profils de femmes noires sont pour moi de réelles sources d’inspiration. J’espère qu’elles continueront à inspirer un nombre encore plus grand de personnes en France et partout ailleurs … leur détermination et leur travail les rendent capables de dépasser de nombreux obstacles liés à ce doublon de handicap: femme et noire. Comme quoi, il ne faut jamais se décourager, toujours croire en ce que l’on fait et surtout se donner les moyens de sa politique. Il ne faut pas oublier que les femmes noires en France restent encore les premières victimes de discriminations liées au sexe et au genre, dans des sphères professionnelles et personnelles…Elles sont encore peu nombreuses à occuper l’espace médiatique, cependant, je pense qu’il est important de rester optimiste car les femmes noires s’imposent de plus en plus et osent davantage prendre la parole pour faire entendre leur voix dans une société qui, pendant trop longtemps, a voulu les rendre invisibles.

Sur les réseaux sociaux, les hastags #BlackLiveMatter #BlackGirlRock ou encore #BlackGirlMagic soulignent cette volonté de montrer que la vie des Noirs comptent, que les Femmes Noires existent et qu’il n’est plus question de se taire!

A très vite.

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